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Enjeux et alternatives de souveraineté numérique

Bien choisir ses outils de collaboration n’est pas qu’une question de performance et de coût pour les organisations. C’est avant tout une question de souveraineté numérique, de sécurité et de confidentialité des données sensibles.

Abstract french flag digital circuit board technology background

Tables des matières

1. Introduction

Depuis quelques jours, la polémique et l’indignation enflent notamment sur internet et les réseaux sociaux et ce, à juste titre. Pourquoi ? Parce qu’à l’heure où la souveraineté numérique est un enjeu stratégique, on apprend par les médias (Next et la Lettre A notamment) que l’Education Nationale et l’Ecole Polytechnique ont signé des contrats avec Microsoft. Le premier a attribué un marché public de 152 millions d’euros sans mise en concurrence réelle, pour équiper les établissements d’enseignement supérieur en outils collaboratifs Microsoft, incluant Office 365. L’Ecole Polytechnique a engagé, quant à elle, la migration de l’hébergement des messageries des étudiants, professeurs, chercheurs et personnel administratif vers le cloud du géant américain (source CNLL).

Ces décisions illustrent une tendance persistante : malgré la multiplication des appels à favoriser les solutions souveraines, les organisations françaises continuent de choisir massivement les outils américains. Ces choix sont guidés par la facilité, la peur du changement et le plus souvent par une méconnaissance du marché et des alternatives souveraines existantes.

Pourtant, la dépendance aux géants américains n’est pas sans conséquence. Elle soulève plusieurs risques majeurs comme la confidentialité des données, la conformité réglementaire, la sécurité nationale ou encore la dépendance économique.

Comment reprendre le contrôle de nos systèmes d’informations et sur quelles alternatives souveraines s’appuyer pour y parvenir ? Dans cet article, nous vous proposons un état des lieux et quelques pistes concrètes pour collaborer au sein de vos organisations de manière indépendante, sécurisée et en préservant la confidentialité de vos données.

2. Quels sont les risques d’une dépendance aux solutions collaboratives américaines ?

L’utilisation massive d’outils américains comme Microsoft 365 ou Google Workspace dans les organisations françaises a de lourdes conséquences sur les questions de souveraineté, de sécurité et de confidentialité des données.

2.1. Une exposition aux lois extraterritoriales américaines

Selon la loi américaine, le gouvernement des Etats-Unis peut accéder aux données stockées sur les serveurs des entreprises américaines, et ce quel que soit l’endroit où les serveurs sont basés, c’est-à-dire même en Europe.

  • Cloud Act : cette loi américaine, adoptée en 2018, permet aux autorités judiciaires d’accéder sur simple demande aux données électroniques des entreprises américaines, même si elles sont stockées hors des Etats-Unis. Autrement dit, les Etats-Unis peuvent accéder aux emails, documents et bases de données d’une organisation française, hébergés sur les serveurs de Microsoft, Google ou autres, sans que la France ne puisse d’y opposer.

  • FISA : Cette loi autorise les agences américaines (NSA, FBI…) à collecter des données de non-Américains stockées sur des infrastructures gérées par des entreprises américaines. Cela concerne aussi bien les communications privées que les données d’entreprise ou de recherche.

2.2. Des risques de dépendance économique et technologique

D’autre part, en utilisant massivement des outils collaboratifs américains, les organisations françaises se retrouvent dans une situation de dépendance économique et technologique.

Dépendance commerciale

Les géants américains utilisent des stratégies de « verrouillage » (vendor lock-in). Leurs solutions sont interconnectées et cela semble très complexe et coûteux de sortir de cette dépendance une fois engagé.

Tensions géopolitiques

Le retour de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis et les tensions géopolitiques croissantes représentent des risques majeurs pour les organisations françaises. En effet, dans ce contexte de forte dépendance aux solutions américaines, nos entreprises pourraient se retrouver soumises à des restrictions d’accès aux mises à jour ou à de fortes augmentations de tarifs.

Monopole de Microsoft

Microsoft augmente régulièrement ses prix en Europe, en profitant de son quasi-monopole. Dernièrement, avec l’intégration de l’IA, l’abonnement à Microsoft 365 a même subi une hausse allant jusqu’à 43%. À chaque nouvelle version, l’éditeur réduit les options gratuites et augmente le tarif de ses abonnements, obligeant les entreprises et administrations à payer toujours plus.

2.3. Des risques concernant la confidentialité des données 

Protéger ses données est une préoccupation majeure pour les organisations. Pourtant, beaucoup n’ont pas connaissance qu’en choisissant une solution collaborative américaine, la confidentialité de leurs données n’est pas garantie même si celles-ci sont hébergées en France ou en Europe. 

La doctrine de l’Etat français est claire et stricte sur ce sujet mais encore trop peu respectée : toute donnée d’une sensibilité particulière et dont la violation est susceptible d’engendrer une atteinte à l’ordre public, à la sécurité publique, à la santé et la vie des personnes ou à la protection de la propriété intellectuelle, doit être hébergée et traitée sur des environnements certifiés SecNumCloud (référentiel sécurité de l’ANSSI pour les prestataires de service cloud, qui atteste du plus haut niveau de qualité, de sécurité et de confiance de leurs services). En septembre 2021, la DINUM a clairement explicité que les outils collaboratifs, bureautiques et de messagerie utilisent des données dites sensibles.

C’est pour cette raison que la décision de l’École Polytechnique de migrer vers le cloud de Microsoft a provoqué un tollé. Le député Philippe Latombe a interpellé le gouvernement sur ce choix, soulignant le risque pour la confidentialité des travaux de recherche menés dans l’établissement.

La question de la confidentialité des données devient plus critique que jamais quand on parle de collaboration et de digital workplace. En effet, la digital workplace est au cœur des organisations : elle centralise documents, échanges, projets, connaissances internes et traite de nombreuses données personnelles. En choisissant une solution non souveraine, c’est comme ouvrir un accès public à ses données stratégiques.

Avec la montée en puissance de l’IA, ce risque est d’autant plus préoccupant. Les modèles d’intelligence artificielle s’entraînent sur de vastes ensembles de données, et les données des entreprises ne font pas exception. Certains fournisseurs américains de solutions collaboratives, notamment ceux intégrant des assistants IA dans leurs outils, exploitent ces données pour affiner leurs algorithmes et améliorer leurs services.

Peut-on accepter que les stratégies, documents confidentiels, échanges internes et informations sensibles servent de matière première à des IA externes ? À l’heure où la data est un atout stratégique majeur, la souveraineté numérique n’est plus une option : elle devient une nécessité pour protéger la valeur et l’intégrité des entreprises.

3. Souveraineté numérique : un enjeu stratégique sur lequel il n’est pas trop tard pour agir

Face à ces risques identifiés, il devient urgent de repenser nos choix technologiques et de se tourner vers des alternatives souveraines et open-source pour s’affranchir de toute dépendance et reprendre le contrôle de nos outils collaboratifs.

La souveraineté numérique repose sur trois piliers : la maîtrise des outils, la conformité réglementaire et l’adoption d’alternatives indépendantes.

3.1. Reprendre la main sur ses outils : vaincre la peur du changement et mieux connaître les acteurs du marché

La peur du changement est un frein important dans l’adoption de solutions collaboratives souveraines. Les organisations restent avec Microsoft par peur de perdre en efficacité, en simplicité d’utilisation, d’avoir des soucis de compatibilité ou encore par peur que certains collaborateurs soient complètement réfractaires et empêchent le projet d’aboutir.

Pourtant, cette peur repose souvent sur des idées reçues :

  • “Les solutions collaboratives alternatives ne sont pas matures et offrent une expérience utilisateur moins ergonomique et complète que les outils américains.” Pourtant, aujourd’hui, les alternatives souveraines proposent une expérience utilisateur comparable, voire même supérieure pour certaines.
  • “Les acteurs du marché de la collaboration ne maîtrisent pas les étapes de migration et les projets se terminent forcément par un échec.” L’exemple de la région Occitanie que nous évoquerons plus loin dans cet article, prouve que la transition peut être un succès.
  • “Il n’y a pas d’accompagnement, ni de formation des équipes et la transition sera un vrai casse-tête.” Aujourd’hui, des prestataires spécialisés existent et sont en mesure d’accompagner les organisations dans l’adoption de la nouvelle solution et dans la formation des équipes pour garantir une transition en douceur.
  • “Reprendre la main sur ses outils numériques nécessite un “big bang” total, trop complexe et irréalisable.” Face à l’ampleur du projet, certaines organisations renoncent avant même d’avoir essayé, persuadées qu’une transition complète est impossible. Pourtant, il est tout à fait possible d’adopter une approche progressive, en remplaçant d’abord certaines briques stratégiques, comme les outils collaboratifs, la messagerie, ou le stockage, avant de poursuivre la transition. Mieux vaut avancer progressivement que ne rien faire du tout.

On entend aussi souvent dire que l’Europe et plus particulièrement la France seraient incapables de proposer des outils numériques à la hauteur de ceux des géants américains. L’idée selon laquelle “la France invente, mais ce sont les États-Unis qui développent et transforment en succès” est largement répandue, alimentant le sentiment que le train est déjà parti, notamment dans le domaine des outils collaboratifs.

Ce discours contribue à ancrer l’idée que les alternatives souveraines seraient inexistantes ou insuffisantes, renforçant ainsi la dépendance aux solutions américaines. Pourtant, cette vision est complètement erronée : des solutions collaboratives souveraines, performantes et adaptées aux besoins des organisations existent bel et bien et il n’est pas trop tard pour choisir l’indépendance numérique !

3.2. Les alternatives souveraines existent

Bluemind, eXo Platform, Jalios, Jamespot, Netframe, NextCloud, Talkspirit, Whaller, Wimi, XWiki… De nombreuses solutions collaboratives souveraines, performantes et adaptées aux besoins des organisations existent sur le marché.

Ces solutions sont à la fois :

✅ Conformes au RGPD

✅ Garantissent une maîtrise totale de vos données

✅ Et réduisent votre dépendance face aux augmentations de prix des éditeurs américains

Elles vous permettent d’avoir un écosystème numérique indépendant et sécurisé, basé sur des alternatives crédibles à Microsoft 365.

3.3. L’open-source, le choix de l’indépendance

Les solutions open-source sont des alternatives de plus en plus plébiscitées et adoptées par les organisations pour moderniser leurs infrastructures IT car elles permettent non seulement de sortir du système de dépendance aux solutions propriétaires américaines mais également de réaliser des économies substantielles.

Contrairement aux solutions propriétaires, les logiciels open-source vous offrent transparence, interopérabilité et une maîtrise totale de vos données et de vos infrastructures. Ils vous permettent également de profiter d’un écosystème dynamique et en constante évolution.

En France et en Europe, de nombreuses solutions open-source existent déjà pour couvrir les besoins de collaboration, communication, bureautique, messagerie, gestion de projet ou encore cloud. De plus, l’open-source favorise l’innovation locale et le développement d’une expertise technologique souveraine, essentielle pour garantir une indépendance numérique durable.

3.4. L’indépendance numérique de la Région Occitanie : un pari réussi

La Région Occitanie a réduit sa dépendance aux GAFAM, notamment en remplaçant Microsoft 365 par eXo Platform pour ses besoins collaboratifs. Ce choix s’inscrit dans une stratégie de souveraineté numérique, de sécurité et de maîtrise des coûts. En migrant vers eXo, la région a divisé par quatre sa facture annuelle. La solution, plébiscitée par les utilisateurs pour son ergonomie et déployée en mode SaaS dans un environnement SecNumCloud, est utilisée aujourd’hui pour l’animation d’équipes et la collaboration documentaire. Cette initiative montre aux organisations et notamment aux collectivités territoriales qu’il est possible de s’affranchir des solutions américaines tout en garantissant un service performant à leurs collaborateurs.

L’Occitanie souhaite poursuivre la mise en place d’alternatives open-source pour remplacer les licences les plus coûteuses comme la messagerie, renforçant ainsi sa stratégie vers un numérique souverain et économique.

3.5. Accompagnement, sensibilisation et formation : des éléments clés pour une transition en douceur

Une transition vers des outils collaboratifs souverains ne se fait pas du jour au lendemain. Elle nécessite une stratégie d’accompagnement et de formation et de s’appuyer sur des acteurs spécialisés pour assurer la pérennité des solutions mises en place :

  1. Audit des besoins : analyser les outils en place et leurs alternatives possibles.

  2. Plan de migration progressif : éviter un basculement brutal pour assurer la continuité des services.

  3. Sensibilisation aux enjeux de souveraineté numérique et formation des équipes : accompagner les utilisateurs pour garantir une adoption réussie.

4. Conclusion

Si la France veut réellement renforcer sa souveraineté numérique, il est urgent d’introduire une préférence pour les solutions françaises et européennes dans la commande publique, et ce, dans tous les secteurs. L’histoire économique montre que les industries technologiques qui réussissent aujourd’hui ont, à un moment donné, bénéficié du soutien de l’État ou d’un marché local structurant.

L’industrie nucléaire et aéronautique, par exemple, ont pu émerger grâce à d’importants investissements publics et une commande nationale forte. Le secteur du luxe, quant à lui, s’est d’abord appuyé sur un marché local solide avant d’acquérir une renommée mondiale. Ces exemples démontrent qu’une politique volontariste peut jouer un rôle clé dans le développement d’écosystèmes compétitifs et indépendants.

Appliquer cette logique au numérique est une nécessité. Plutôt que de favoriser par défaut des solutions étrangères, souvent au détriment de la souveraineté des données et de l’indépendance technologique, l’État et les collectivités doivent devenir des moteurs de l’innovation locale en priorisant les solutions françaises et européennes. Ce soutien créerait un cercle vertueux : plus d’adoption locale signifie plus de moyens pour la R&D, une montée en puissance des alternatives souveraines et, à terme, une plus grande compétitivité sur la scène internationale.

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Je suis la directrice générale d'eXo Platform (une solution de digital workplace open source), une entreprise que j'ai co-fondée pendant mes études et dans laquelle je suis revenue après plusieurs années passées dans le secteur bancaire et dans le conseil. Je blogue sur les nouvelles méthodes de travail, sur l'open-source et la souveraineté. Parfois, je blogue également sur mes propres centres d'intérêt, comme que le développement personnel, l'équilibre vie pro/perso, le développement durable et l'égalité hommes/femmes.
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